Le Sacre du Printemps

Revue de Presse

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Danser avec Igor
Beau "Sacre du printemps" présenté par le duo Pernette-Schmid en ouverture du festival Choré-graphique !(...) Avec Nathalie Pernette et Andréas Schmid, second couple officiant de la soirée, on bascule dans un autre monde. Ces deux là ont choisi de servir à leur manière le célèbre ballet d'Igor Stravinski : avec ce drôle de "sacre", ils ne courent pas au massacre.Dans une ébauche de décor que ne renieraient pas un Carax ou un Bilal (piste entourée de blé, corde-balançoire, tas de vêtements alignés comme autant de vestiges, lumières de fin du monde), la femme et l'homme, pris dans les rêts d'une scénographie efficace parviennent à leurs fins : traduire en un langage moderne le scénario" stravinskien.Il y a leurs corps qui se balancent, ces cris poussés, ces petites clowneries. Il y a ces frusques sous lesquelles on s'ensevelit, pour ressembler à des personnages de Beckett. Il y a ces minuscules citations ironiques où les corps se tordent (à un moment, une esquisse de twist ?). Et puis, pour accompagner le tout, les deux pianistes qui impriment leur rythme d'enfer à l'ensemble. Jusqu'a la pirouette finale. Igor aurait sans doute dit "encore".

La Nouvelle république, 3 juin 1999, Pierre Imbert

Geste à risque
(...) Osée la relecture du Sacre du printemps pour un piano quatre mains et deux danseurs signé Andréas Schmid et Nathalie Pernette. Séparés depuis deux ans, ils ont éprouvé l'urgence de se confronter dans une œuvre de résistance, de passion. Les sentiments extrêmes exigent des situations limites. À une catastrophe intime, ils opposent donc un challenge chorégraphique. Leur Sacre est un bras de fer. Pour se donner une nouvelle chance artistique, il leur faut se dépasser quitte à s'envoyer valdinguer dans le décor. Sans souci du livret originel, ils ont imaginé une gestuelle sous tension, anguleuse, piquée de détails à la Nijinsky (mouvements en aplats, genoux en dedans...). Dans un cercle de grains de blé, en présence des musiciens, ils sidèrent par leur rage à danser, leur urgence à vouloir se donner une chance d'avenir. Osé, ce Sacre ? Gagné pour le public rassemblé dans le studio du Centre Chorégraphique. Les deux font toujours la paire.

Le Monde, 8 juin 1999, Rosita Boisseau

Le Choré-graphique
(...) Autour du maître de cérémonie, Daniel Larrieu, et de sa nouvelle création intitulée Feutre, Laurent Barré, directeur artistique de la manifestation, a rassemblé une excellente compagnie de chorégraphes tous plus stimulants les uns que les autres : Andréas Schmid et Nathalie Pernette se lancent à corps perdu dans la version très perso du Sacre du printemps,...

Télérama, 9 juin 1999

Tours, au plus près du corps : retour sur l'édition 99 du Choré-graphique
(...) De ce festival passionné autant par les formes que par l'informe, on retiendra aussi le Sacre du printemps d'Igor Stravinski de Nathalie Pernette et Andréas Schmid. Fort bien dansée et mise en scène, la pièce est un hommage discret et tendre à la modernité de Nijinski, même si, curieusement, c'est le spectacle le plus "classique" que l'on ait vu de cette compagnie qui mériterait de tourner un peu plus.

Libération, 12 & 13 juin 1999, Marie-Christine Vernay

Tours : La belle surprise de Schmid-Pernette
(...) La belle surprise du festival est venue d'Andréas Schmid et Nathalie Pernette qui mériteraient plus d'attention de la part des programmateurs. Un beau défi que ce Sacre du printemps à deux danseurs, sur une réduction pour piano à quatre mains de la partition de Stravinski. Le pari est réussi. Au sol, des grains de blé dessinent un large cercle ; des cintres descend une corde qui joue les balançoires. Une scénographie, un espace volontairement réduits pour que l'on se concentre sur la violente confrontation de deux êtres passionnés. Les chorégraphes sont leurs propres interprètes dans ce duo enfiévré ; ils ont délaissé l'argument original pour se laisser aller au rythme infernal de la partition, libérant leur énergie jusqu'à l'épuisement.

Danser, juillet/août 1999, Jacky Pailley

L'intime et le juste
C'est le genre de programmation piège. On lit un grand nom, ici, Stravinski et son Sacre du Printemps, servi par des jeunes qui montent mais inclus dans un ensemble où des artistes encore moins confirmés servent d'avant première. Ici, aucune des failles habituelles de ce genre de soirée. Laurent Pichaud et Christine Jouve offrent un duo adroit et très fin, construit autour d'une intelligente interrogation de l'interprétation et une version très personnelle d'une chanson de Brassens. La pièce a déjà tournée et fonctionne parfaitement. Puis en seconde partie, le grand oeuvre. Mais là encore, pas de facilité et d'effet. L'installation scénique est curieuse. Un grand cercle de grain de blé délimite l'aire de jeu, au fond le piano, car c'est la version pour cet instrument joué à quatre mains qu'ont retenue les chorégraphes. Au centre une corde formant balancelle, quelques vêtements en tas. Lui, de dos, obstinément, égrène une gestuelle austère ; elle, rêveusement, laisse la sienne comme en suspens, au gré du balancement. L'un et l'autre ne cèderont jamais à la pulsion ici sans fard d'une musique à la puissance incroyable, même dans cet appareil minimal. Ils règleront, entre eux, leur compte. Pas de rite social dans cette cérémonie intime : chacun est tour à tour manipulé, l'élu, le manipulateur et la victime. Dans cette histoire à deux, la colère, l'épilepsie, le saut libératoire, s'adresse à l'autre. Seulement, quand les musiciens eurent fini, ils regardèrent les deux danseurs continuer. Sans doute le poids de ces regards-là les saisit-il, ils s'arrêtent, nous regardent. L'histoire s'arrête à ce regard. La colère s'en prenait au blé, aux vêtements. Ils se disaient leur histoire malgré nous. Mais la générosité de la danse permet alors à ce qui ne se dit pas de trouver le public.

Les Saisons de la Danse, août 1999, Philippe Verrièle