Les Indes dansantes

Pièce chorégraphique pour dix danseurs contemporains et six musiciens baroques


Chorégraphie : Nathalie Pernette
assistée de Regina Meier et Laurent Falguiéras
Adaptation musicale : Guillaume Bunel sous la direction d'Hervé Niquet
Scénographie : Daniel Pernette
Création costumes : Laurent-Julien Lefèvre
Création lumières : Caroline Nguyen
Direction technique : Jean-Luc Briand

Danseurs : Malik Boufenara, Raphaël Dupin, Sara Grenga, Tatiana Julien, Pauline Le Marchand, Claire Malchrowicz, Juliette Nicolotto, Sylvain Riéjou, Christine Rotsen, Vincent Simon.

Six musiciens baroques (distribution en cours).

Durée : 1h 25 sans entracte


Ce spectacle a été créé pour dix danseurs en septembre 2010 dans le cadre de la 14ème Biennale de la Danse de Lyon et de la 17ème Académie baroque européenne d'Ambronay ; laquelle a réuni trente musiciens placés sous la direction musicale d'Hervé Niquet. La création des Indes dansantes a été suivie d’une tournée d’application intégrée aux saisons du Théâtre de Bourg-en-Bresse, du Théâtre de Villefranche-sur-Saône, de l'Opéra de Saint-Étienne et de Vichy, de Château Rouge à Annemasse, de la Comédie de Clermont-Ferrand et du Théâtre Musical de Besançon.

Production : Centre culturel de rencontre d'Ambronay, en coproduction avec : compagnie Pernette/Association NA, Biennale de la danse de Lyon, Opéra de Saint-Étienne, Château Rouge à Annemasse, EPCC Théâtre de Bourg-en-Bresse, Comédie de Clermont-Ferrand. Les costumes et les décors ont été construits par les ateliers de l’Opéra de Saint-Étienne. Les costumes ont été réalisés grâce au soutien de la Holding Textile Hermès, des Tissages Perrin et des Soieries Bucol.

 

À propos de la musique

L'Académie baroque européenne d'Ambronay a proposé à Hervé Niquet de concevoir une trame haute en couleur à partir des entrées des Indes galantes pour réaliser une oeuvre de ce début de XXIe siècle, renouant ainsi avec cette liberté toute baroque de se saisir d'une partition et de l'adapter pour une circonstance particulière.
Il est parvenu à un fin équilibre entre la partition d'origine aux timbres exquis et l'intégration de pages vocales et chorales dans des transcriptions instrumentales.

"Pour la création de ces Indes dansantes nous avons décidé d'associer le travail de l'orchestre baroque à la danse, uniquement à la danse...sans chanteurs...Comment cela est-il possible ? Tout simplement en orchestrant les choeurs et les airs de solistes selon un procédé en usage au XVIIIe siècle. Il n'y avait à l'époque ni CD, ni radio et ma foi, les mélomanes souhaitaient tout de même entendre les ouvrages à la mode, même sans chanteurs.
Outre les ballets, prévus bien sûr pour la danse, vous pourrez entendre choeurs et airs qui mettront en avant le talent des solistes et la sonorité purement instrumentale de pages vocales."

Hervé Niquet


À propos de la danse

Les Indes galantes m'apparaissent comme une succession de vignettes multicolores – des actes détachés - sans rapport apparent, si ce n'est une sorte de voyage autour du monde mêlant héroïsme, "exotisme" et goût du spectaculaire.

J'ai donc souhaité mener en parallèle trois formes différentes de recherche et d'exploration.
La première concerne le rapport à la musique (et au silence), la deuxième les fonctions de la danse et la troisième l'influence du costume sur le mouvement.
Trois domaines d'intérêt à combiner ou dissocier selon les cas, dans les différents partis pris chorégraphiques.

Jouer avec la partition

Il s'agit de considérer l'œuvre musicale comme un partenaire avec lequel on joue, en accord, opposition ou complémentarité ; de "tricoter" les notes au mouvement avec esprit ludique et légèreté.

- danser "contre" ou "avec" une musique.
- s'appuyer sur les différentes composantes d'une partition et voyager de l'une à l'autre.
- laisser résonner un morceau en soi pour lui trouver une réponse intime.
- composer avec le silence et le bruit produit par le corps: frappes, claques et glissements par rapport au sol, à la peau, à l'objet et émergence possible de la voix.

Les fonctions de la danse

Les Indes dansantes sont l'occasion de mener une recherche sur les différentes motivations et fonctions de la danse, puis d'y trouver un chemin, une réponse personnelle qui n'exclut pas les citations.
Entrer en relation avec une autre dimension, dieu, esprit ou défunt ; exorciser un "mal", parader pour le sexe opposé, se préparer au combat, à la chasse, en s'approchant de l'âme de tel ou tel animal ; fêter un événement, victoire, union, naissance, fête nationale!
L'œuvre musicale est parfois l'occasion de rejouer un certain nombre de danses d'ailleurs et de rituels….
Un voyage dans un monde et des cultures imaginaires… Inspiré d'une réalité évidemment transformée.

Le costume, empêchement et prolongement

Accessoires, matières, scénographie peuvent limiter, cerner et enrichir une proposition. "L'étude du monde" que représentent Les Indes dansantes s'accompagne d'une étude de costumes traditionnels.
Coiffes, manteaux, robes, bijoux… Autant de sources d'inspirations, d'extrapolations et d'exagérations pour des tenues bigarrées et inspirantes !

Nathalie Pernette