Suites

Chorégraphie : Nathalie Pernette
assistée de Regina Meier

Interprétation : Nathalie Pernette et Sébastien Laurent

Musiciens de scène : Gérald Budzinski et Wandrille Decaëns

Scénographie Concept (sauf meubles) : Andréas Schmid
en collaboration avec Laurent Mesnier

Assistant à la dramaturgie : Laurent-Julien Lefèvre

Création lumières : Caroline Nguyen

Régisseur technique : Jean-Baptiste Lavaud

Œuvres de Alain Louvier, Gyorgy Ligeti et Claude Debussy

Durée : 42 minutes

Création au théâtre La Passerelle - scène nationale de Gap les 9 et 10 mars 2001


Coproduction : association AN-NA, la Passerelle - scène nationale de Gap, le théâtre de l'Espace - scène Nntionale de Besançon, la Fondation de France dans le cadre du programme Initiatives d'artistes en danse contemporaine - Fonds pour la danse de la Fondation de France, le Ballet Atlantique - Régine Chopinot à la Rochelle et le Centre Chorégraphique National de Franche-Comté à Belfort dans le cadre de "L'accueil-studio" / Ministère de la Culture et de la Communication, l'Agora de la Danse à Montréal.

Grand merci à LARC - scène nationale du Creusot et au Centre National de la Danse


Comme souvent pour Nathalie Pernette, une pièce en impulse une autre, en nourrit la gestation. Le Sacre du Printemps (1999), en faisant appel à deux pianistes, défrichait un nouveau champ de réflexion. La force de la relation avec les musiciens sur le plateau, la beauté rigoureuse de leurs gestes a donné envie à Nathalie Pernette d’approfondir cet échange en chorégraphiant une "suite" au Sacre, suite qui compose une soirée cohérente autour de la musique vivante.


Sous le choc de la lecture des Cahiers de Nijinski, Nathalie Pernette chorégraphie une pièce pour deux danseurs. Les traits de caractères et la personnalité du danseur russe mis à nu dans ces écrits, alimentent sa recherche et aiguisent sa réflexion de femme et d'artiste. Nijinski s’attache aux détails, à l’infime et ses pensées deviennent obsessions, elles traduisent son appréhension du monde extérieur et aboutissent à un enfermement, un repli sur soi. Suites explore ce contraste entre le flux verbal de l’écriture qui conduit au vertige, à l'excès, comme à un "trop" de danse et le vide fertile ou douloureux de la solitude.

Sur des musiques de Louvier, Ligeti et Debussy, la danse affirme plus que jamais sa capacité à transcender la vie.


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NOTE D'INTENTION

Le Sacre du Printemps fut une première expérience en bien des domaines :
Une confrontation à une partition classique, une collaboration avec des musiciens, un premier frottement à une musique vivante.
Cela m'a ravi, désorienté et donné l'envie de poursuivre...

Cette nouvelle création se situe donc au point de rencontre de plusieurs désirs ; celui de plonger plus encore dans l'univers de Nijinski, de développer l'échange avec les pianistes.

Elle s'appuiera sur un nœud de questions nées de l'expérience du Sacre :

Quel est le rapport physique d'un musicien interprète à une œuvre ?
Quel geste la musique impose-t-elle au musicien ?
Comment s'en emparer, le développer, l'intégrer à un spectacle ?
Comment impliquer le corps des pianistes ?
Confronter corps dansant et corps jouant d'un instrument ? - Geste conçu et geste obligé ?
Vers quelles limites ?

Qu'est-ce qu'une musique composée pour le geste des musiciens ?
Qu'une danse créée pour les sons qu'elle génère ?
Quelle relation entre la densité d'un son et celui d'une matière ?

Elle tentera aussi l'inversion des rôles : les pianistes danseront, les danseurs joueront le temps d'une "chanson", mémoire de ce qu'ils ont vu ou entendu.

Les musiques

Nathalie Pernette et ses deux complices Gérald Budzinski et Wandrille Decaëns ont construit un programme composé d'œuvres d'Alain Louvier et Gyorgy Ligeti. Celles-ci ont pour point commun de révéler la matière sonore, le tissu, la couleur du son. Ces musiques plus climatiques qu'harmoniques, laissent filtrer la densité et l'épaisseur des sonorités.

Ses choix musicaux s'accordent et font résonance au texte de Nijinski.
La musique de Louvier est explosive et contrastée, elle rappelle l'écriture impulsive de Nijinski, elle est empreinte de la même violence souterraine.
Celle de Ligeti, tour à tour infernale ou mélancolique, rappelle les tourments du danseur.